Dans le cadre du
Congrès de la Société canadienne d’étude du dix-huitième siècle
La Compagnie SapassoussakasS
présente
Le Concert ridicule
Comédie en un acte et en prose de Jean DE PALAPRAT (1650-1721)
Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain, le 14 septembre 1689. Reprise au séminaire de Québec en 1777.
Mise en scène : Guy Spielmann – Direction d'acteurs : Doe Polanz
Vendredi 22 octobre 2027, monastère des Ursulines (Trois-Rivières)

Synopsis de l'intrigue
La scène est à Paris, chez Madame de Ponteran
Angélique de Ponteran, en âge de se marier, est amoureuse de Clitandre, fringant officier qui voudrait bien l'épouser. Sa mère, Madame de Ponteran, serait tout à fait favorable à cette union, mais Clitandre « n’est riche qu’en espérance » et elle ne peut pas accorder la main de Mariane à un prétendant sans le sou, fût-il noble et du goût de la jeune fille ; aussi se voit-elle obligée d'encourager un autre prétendant, Courtinet, avocat aussi idiot que fortuné. Pour contrecarrer ce projet, L’Épine, valet de Clitandre, propose de faire croire que celui-ci vient d'hériter à la mort de son oncle, le comte d’Orsan ; mais le capitaine refuse de se prêter à un mensonge. Néanmoins, l’Épine se fait fort de décourager les Courtinet père et fils, à qui Mme de Ponteran va offrir une réception, en soudoyant le musicien qui doit donner le divertissement, Martinet. Travestis en « filles de l'opéra », l'Épine et le sergent La Motte se moquent ouvertement des Courtinet en chantant un air dont ils ont changé les paroles, provoquant l'outrage des deux juristes qui décampent en promettant de ne jamais revenir. Lorsqu'arrive le notaire pour la conclusion du mariage, Clitandre tente de plaider sa cause auprès de Mme de Ponteran ; on lui apprend alors que son oncle vient effectivement de décéder, lui laissant dix mille livres de rente, si bien qu'aucun d'obstacle au mariage ne subsiste.
Le Concert ridicule de Jean de Palaprat représente bien ce qu'on appelait une « petite comédie » à l'époque Fin de Règne (1680-1715). Il s'agit non seulement d'une œuvre brève, en un acte, mais surtout légère, et qui comporte un « divertissement » (musique, et parfois danse) ; on la joue « en baisser de rideau » d'une pièce en cinq actes, le plus souvent une tragédie, ou une comédie plus ambitieuse.
La principale caractéristique de la comédie, à cette époque, réside dans le sujet, qui doit se rapporter à un problème domestique et non aux affaires publiques (réservées à la tragédie). En pratique, cela tourne presque toujours autour de la conclusion d'un mariage, institution sur laquelle repose toute l'organisation sociale.
Sur le plan thématique, le mariage sert ici de prétexte à opposer d'un côté la noblesse d'épée—la seule véritable—, représentée à la fois par Clitandre et par Mme de Ponteran (veuve de colonel), et d'un autre côté la noblesse « de robe », aux prétentions fondées sur l'argent, représentée par Courtinet père et fils, qui sont d'emblée désignés comme ridicules. L'union entre Mariane et l'avocat Courtinet serait, en quelque sorte, monstrueuse ; le dénouement rétablit l'ordre naturel.
Texte adapté pour la scène par Guy Spielmann